2015-2016
Le Médium
(1946)

opéra de Gian Carlo MENOTTI
sur un livret de sa création (traduction française)
(durée 1 heure)

Monica (la fille de Madame Flora)  Nora KETIR (soprano)

Toby (un garçon muet)      Gaël ROUGEGREZ (danseur)

Madame Flora (Baba)         Marie-Pierre LAURENT (mezzo)

Mrs Gobineau                    Catherine SIMON-VERMOT (mezzo)

Mr Gobineau                     Jean-Michel VOIRONT (baryton)

Mrs Nolan                          Michèle PLOCOSTE (mezzo)

Pianiste - Chef de chant  : Karl BARAQUIN


Direction musicale  Laurent ZAÏK

Mise en scène  Renaud BOUTIN

Piano Yves MEIERHANS et Karl BARAQUIN

Lumières  Pierre DAUBIGNY

Vidéo  Rares LENASOAIE
en partenariat avec La Société Littéraire
affiche Marie-Pierre LAURENT

Représentations
5 et 10 décembre 2015, 20  et 21 février
2016                       
Studio Raspail, 216 Bd Raspail, 78014 PARIS
                                    
                                   



Gian Carlo Menotti (1911-2007)

Ce compositeur italien naturalisé américain occupe une place paradoxale dans l'histoire de la musique. Il connut dès ses débuts un succès international grâce à ses opéras, la chaîne NBC allant même jusqu'à commander des versions télévisées de ses œuvres qui furent programmées annuellement jusqu'à sa mort. Amal and the Night Visitors, The Consul, The Telephone, ou The Saint of Bleker Street, pour n'en citer que quelques-unes, sont régulièrement produites à travers le monde. Pourtant, en France, il demeure un grand inconnu. Son vocabulaire était alors effectivement très éloigné de l'avant-garde boulézienne : Menotti n'hésite pas à utiliser tous les types d'écriture à sa portée, s'il peuvent souligner la dramaturgie d'une histoire, sans renoncer pour autant à la vocalité issue du belcanto italien. Ce mélange des styles est proche de ce que pratiquait Puccini.
Toutes ces particularités se retrouvent dans The Medium, un opéra en 2 actes qu'il écrit en 1946 sur un livret de son cru, à partir d'une expérience de spiritisme qu'il avait vécue en 1936. Lors d'un séjour à Salzbourg, il est invité par quelques amis à une séance de spiritisme. Ce qui l'a marqué dans cette expérience est moins son propre scepticisme que l'anxiété pathétique avec laquelle ses amis voulaient croire que l'esprit de leur fille décédée leur parlait par l'intermédiaire du médium.
Ici, chaque personnage a son propre type de vocalité. Monica, lyrique, s'expose dans ses airs : "Black Swan", ou "Monica's Waltz". Les visiteurs s'expriment dans un arioso parfois proche de Britten. Quant à Baba, sa très large palette d'expression, allant du grand lyrisme au parlé en passant par le "Sprechgesang" (une sorte de parlé/chanté) n'est pas sans rappeler les grandes héroïnes d'Alban Berg, Marie et Lulu.

Le début de l'histoire

Madame Flora (Baba) vit avec sa fille Monica et un jeune muet, Toby, qu’elle a tiré de la sauvagerie des rues de Budapest. Pour pourvoir aux besoins du foyer, Madame Flora vend ses talents de médium : elle entre dans de fausses transes devant des clients qui ont l'impression d'entrer en contact avec leurs défunts, alors qu’ils ne s'agit que d'effets spéciaux produits par Monica et Toby. L’intrigue se noue à la fin d’une séance, lorsque Madame Flora sent des mains glacées encercler son cou...


Note d’intention du metteur en scène

Des années folles à l’après-guerre, de la boîte à marins d’un port sans joie au salon spirite d’une Madame Irma de film noir, les clients comme les morts circulent et se côtoient, exténués de désir dans leurs huis-clos étouffants.

Montrer les tragédies noires qui s’y nouent, la Fatalité projetée dans l’univers réaliste de la Complainte gouailleuse et du Cinéma, supposait des partis pris dramaturgiques et esthétiques forts. Cocteau, Genet et Demy ont été nos ouvreurs dans ces funèbres maisons d’illusion, ces bordels métaphysiques où la sexualité et l’argent sont les nouveaux combustibles de la même vieille Machine infernale.

 

Sous le vernis de l’anecdote, ces deux œuvres disent finalement les pouvoirs du théâtre et de ses masques. Tous les protagonistes des deux pièces en sont les victimes, prises dans les reflets de ce jeu de miroir aveuglant.

Renaud BOUTIN






Retours de spectateurs

"Juste un petit mot, au retour d'une très belle soirée lyrique assez inattendue. Le Pauvre Matelot de Milhaud couplé avec Le Médium de Menotti (dans une superbe traduction française), un spectacle monté par Le Groupe Lyrique, association d'amateurs très éclairés. Une vraie révélation : les voix se révèlent belles et bien conduites (avec une mention spéciale pour la Flora du Médium, littéralement magnétique), la mise en scène de Renaud Boutin est superbe, poétique et très juste quant à la direction d'acteurs, et les deux pianistes excellents, notamment celui du Médium, magnifiquement musicien. Avis aux amateurs, ça vaut vraiment le détour !"  ODB-Opéra

"Avec Le Pauvre Matelot et Le Médium, le Groupe Lyrique propose un diptyque passionnant d’opéras méconnus. La mise en scène réunit ces deux œuvres dans une esthétique commune qui nous plonge avec délectation dans l’ambiance des films noirs et du théâtre de l’épouvante. On adore avoir peur, craindre l’issue fatale du Pauvre Matelot et trembler face à l’inquiétante médium qui finit par tomber elle-même dans les rets qu’elle a tissés. Magistralement accompagnés par leurs deux pianistes, les chanteurs du Groupe Lyrique se révèlent aussi talentueux comédiens qu’ils sont fins musiciens. Et l’on en finirait pas d’énumérer toutes les idées brillantes d’une mise en scène inventive et subtile !" N.P.

"Un spectacle effrayant et touchant à la fois où la musique est étonnante. La mise en scène est minimaliste et très poétique et elle associe judicieusement les deux pièces, pourtant très différentes, notamment par le biais d'un danseur d'une grande grâce. La médium est superbement interprétée, j'en ai fait des cauchemars ! Et j'ai particulièrement aimé la façon quasi picturale dont le metteur en scène a traduit la mort de Toby, avec le ruban rouge qui se déroule lentement et légèrement à la fois, c'est très beau". M.L.

"Ces deux courts opéras nous ont fait passer une magnifique soirée lyrique. Bravo à la mise en scène, sobre et inventive. Dans Le Medium une mention particulière pour la mort de Toby et le passage inattendu de deux personnages, fantômes surgis du Pauvre Matelot. Les voix sont très belles, les pianistes excellents et madame Flora, médium habité, nous entraîne dans son univers sombre et angoissant. Bravo à tous !" A.M.

"À priori, ce programme n’était pas fait pour m’attirer, amateur de l'opéra romantique ou de Mozart je craignais une musique trop moderne (dissonante ?). J’avais consulté rapidement le livret sur internet et l’argument me paraissait très mince. J’y ai assisté par amitié pour un des membres de la troupe. À ma grande surprise, le spectacle m’a intéressé et plu. Bien que l’histoire soit "au premier degré" son déroulement m’a paru assez raffiné. L’insistance des familles à reconnaître leurs proches, malgré la confession de la médium qu’il s’agissait d’une supercherie, était véritablement émouvante (était-ce le jeu convaincant des acteurs ?). Les relations du jeune homme muet avec la fille et la mère étaient d’une complexité certaine. Également intéressante la réaction de la médium à son étranglement momentané. Elle m’apparaît comme le signe que, bien qu’elle soit parfaitement consciente de pratiquer une escroquerie, elle n’est pas certaine de l’absence d’intervention du surnaturel dans sa pratique. Enfin, le deuxième acte où les personnages se montrent sous d’autres jours ajoute à la profondeur de l’argument. La musique m’a également surpris : la présence de véritables éléments mélodiques, d’une musique adaptée au chant lyrique, d’ensembles (duos ou autres) agréables à écouter. Les interprètes ont été excellents. En premier, bien entendu, la fille, la mère et le danseur, mais également les deux femmes dans des rôles secondaires. En dehors des qualités lyriques de ces personnages, leur jeu théâtral était très convaincant. Je n’oublie pas l’usage très original de la vidéo qui jouait un rôle important dans l’atmosphère du spectacle sans pour autant détourner l’attention des spectateurs du jeu et du chant des acteurs. L’autre pièce du spectacle (Le Pauvre Matelot) m’a parue plus dissonante, mais les chanteurs avaient de belles voix." J.C.T.

"Nous avons assisté ce soir à votre représentation Milhaud-Menotti. Le choix de ces compositeurs et de ces œuvres fait preuve d'une sensibilité musicale, d'une prise de position très personnelle, d'une subtilité culturelle, d'une préoccupation "existentielle" qui apporte une grande richesse et une grande satisfaction. J'ai trouvé excellents et extrêmement aboutis le travail et la précision vocale, la beauté des voix, le jeux des personnages, avec ces magnifiques sonorités musicales certainement très difficiles à interpréter, tout comme le sens des textes, leur profondeur, leurs allusions humoristiques et tragiques, le jeu des pianistes, et la mise en scène loin d'être tombée dans la facilité. Nous avons grâce à tout cela éprouvé beaucoup d'émotions et de plaisir et une distance réconfortante vis à vis d'une certaine "médiocrité" trop souvent décevante...Un grand merci pour cette soirée tellement réconfortante et généreuse !" M.C.J.

"Un grand bravo pour ce programme original, avec ces deux œuvres si rarement données, si différentes mais qui résonnent particulièrement bien l'une avec l'autre. Nous venons d'ordinaire voir et écouter vos opéras-bouffe et opérettes mais nous n'avons pas été déçus ! Ce fut une belle découverte." N.G.                                                                                                                                                                           "Deux beaux spectacles surprenants et réussis. Nous avons particulièrement aimé Le Médium avec de très belles voix et un jeu d'acteur captivant qui vous transporte dans un autre monde. Un excellent moment de plaisir et d'émotions. Un spectacle à recommander sans hésitation." A.F.


"Un très beau spectacle, avec de très belles voix et une mise en scène originale. J'ai particulièrement aimé le rôle du jeune-homme muet qui est interprété avec beaucoup de grâce par le danseur Gaël Rougegrez. Participation au chapeau. On y retournera !" EKLABLOG























Le Médium - crédit photos Louise Dabrowski