La Fiancée du scaphandrier
Opéra bouffe en un acte de Claude TERRASSE
sur un livret de FRANC-NOHAIN (version 1901)


Mise en scène : Renaud BOUTIN
Scénographie : Candice MOISE
Lumières : Pierre DAUBIGNY
Pianiste-chef de chant : Yves MEIERHANS

Elisa : Loredana BERNARDINI (soprano)
La Baronne : Michèle PLOCOSTE (mezzo-soprano)
Alexis : Valéri PICHARD (ténor)
Julot : Emmanuel FRECON
(ténor)
Bézard : Laurent DUTHIL (baryton)
Le Baron/pianiste : Yves MEIERHANS


Note d'intention du metteur en scène :

Paris, 1900. Aux marges des salons de la Belle Epoque, bouillonne toute une société artiste : peintres, musiciens, poètes, biberonnés à l’absinthe dans le fameux cabaret du Chat Noir, où Emile Goudeau - chat montmartrois craint l’eau froide - avait transféré ses Hydropathes vingt ans plus tôt. Cette jeunesse décadente qui assume crânement son dilettantisme porte en étendard le Non-Sens, comme suprême pied-de-nez au positivisme triomphant de la société bourgeoise (les feux de la Commune sont depuis bien longtemps éteints). Avec la création houleuse d’Ubu-Roi en 1896 au Théâtre de l’Œuvre, ce subversif esprit de fantaisie trouvera sa " bataille d’Hernani " : la ‘pataphysique sera sa philosophie et Jarry sa figure de proue ; dans une décennie naîtra DADA. Entre temps, Claude Terrasse, qui compose la musique de scène d’Ubu, devient vite le compositeur quasi officiel de cette insolente avant-garde – bien davantage que Satie, mystiquement retiré à Arcueil. La troisième roue de la barque est le poète Franc-Nohain, avec qui Terrasse et Jarry développent dans l’arrière salle du Théâtre des Pantins leur esthétique et leur dramaturgie : cette « mystique des marionnettes »  qui  irrigue le  livret   autant  que  la  partition  de  La  Fiancée   du Scaphandrier. Naviguant paisiblement entre deux eaux, cette « loufoquerie », sans queue ni tête (sinon de poisson), joue constamment des codes de l’opérette et du Vaudeville sans jamais sombrer dans l’écueil de la parodie. Retrouver la fraîcheur de ce petit bijou d’absurdité maritime et la nouveauté de l’expérience d’alors, la geste de nos explorateurs sous-marins, supposait d’y plonger à notre tour, et jusqu’au cou : il fallait « casser » nombre de faux plis, laver la poussière des clichés, déplacer les repères de jeu, troubler l’eau calme. Magritte – lointain neveu de ces zouaves – nous a semblé, par sa poésie, son humour et sa dramaturgie de la signification, le parfait écrin esthétique à notre parti-pris de distanciation, louvoyant entre clownerie blanche de Pierrot, chorégraphie  mécanique  de  marionnette  et outrance boulevardière de cabot. Il ne vous reste plus qu’à embarquer.
Renaud Boutin



Renaud BOUTIN
Metteur en scène 

Après des études de Lettres Classiques qui l'ont mené jusqu'à l'agrégation, Renaud BOUTIN débute sa formation théâtrale au Conservatoire du 19ème arr. (classe de Michel Armin), puis à l'Ecole Supérieure d'Art dramatique de Paris (ESAD/CNR) où il travaille sous la direction de Jean-Claude Cotillard, Sophie Loucachevsky (sur des textes d'Eugène Durif), Marc Enotte (sur Lagarce), Nicolas Bouchaud (sur Marivaux), Christophe Paty (jeu masqué), Michel Didym, etc. Il a par ailleurs suivi une formation de chant lyrique au Conservatoire du Centre de Paris (classe de Sonia Nigoghossian et Sophie Teulon), puis au CRD d'Issy-les-Moulineaux (classe de Daniel Petrovitch) où il obtient un 1er Prix à l'unanimité.

Il a participé à plusieurs productions lyriques (Les Contes d'Hoffmann, La Vie parisienne, Le Financier et le Savetier d'Offenbach, La Flûte Enchantée de Mozart, Les Aventures du Roi Pausole d'Honneger, La Chauve-Souris de Strauss, Le Docteur Miracle de Bizet), concerts d'extraits d'opéra (récemment Pelléas et Mélisande de Debussy ; régulièrement avec le groupe Deadly Love) et récitals de mélodies/lieder qu'il affectionne particulièrement. Son éclectisme l'amène du baroque (concerts avec l'ensemble Les Monts du Reuil) au contemporain (création du Monstre, composé par Emmanuel d'Orlando, au Théâtre du Rond-Point).
Au Théâtre des Loges, il a joué sous la direction de Michel Mourterot le rôle d'Octave des Caprices de Marianne. A Clamart, il joue le rôle de Banquo, dans Macbeth de Shakespeare. Depuis 2006, il fait partie du Collectif le Foyer au sein duquel il a joué et mis en scène plusieurs spectacles (Histoire du Soldat de Stravinsky, Electre d'Euripide, Nica's Dream sur le jazz, etc.).
Parallèlement, il met en scène La Fiancée du Scaphandrier, opérette de Claude Terrasse avec le Groupe Lyrique ; Rita, opéra comique de Donizetti; Amours/Fragments, autour de Mozart et des Fragments d'un discours amoureux de Roland Barthes ; et avec des musiciens baroques, une exploration des Fables de La Fontaine : Les Fabuleuses Musiques.

                                                    

 





Crédits photos : Marylène Eytier