2014
L’ÉTOILE

opéra-bouffe en trois actes
d'Emmanuel CHABRIER
 
les 7, 8 et 9 mars 2014
au Théâtre Saint-Léon

Mise en scène : Renaud BOUTIN
Chœur et solistes du Groupe Lyrique
ORCHESTRE BERNARD THOMAS
Direction : Laurent ZAÏK

en partenariat avec La Société Littéraire
Matériel d'orchestre : Bärenreiter Verlag - Kassel - Basel - London - New-York - Praha

Pianistes-chefs de chant : Karl BARAQUIN et Yves MEIERHANS
Assistante mise en scène : Valérie LOUYS
Régie générale et création lumière : Pierre DAUBIGNY
Scénographie : Candice MOISE
Costumes : Cécilia DELESTRE assistée de Camille TESTA
Affiche : Mathilde LAURENT


Renaud BOUTIN parle de l'Etoile dans l'émission "Ouvert la Nuit" sur France Inter
cliquez ici pour réécouter l'émission


Distribution
Lazuli
jeune colporteur
 Marie-Pierre LAURENT  mezzo
La princesse Laoula
fille du roi Mataquin
 

 Blandine CORNE  soprane
Ouf 1er
Roi des Trente-Six Royaumes
 Loïc GUIGNOT  ténor
Hérisson de Porc Epic
ambassadeur du roi Mataquin
 Alain GIRON  ténor
Siroco
astrologue du roi Ouf
 Yann BRETT  basse
Aloès
épouse de Hérisson
 Michèle PLOCOSTE  mezzo
Tapioca
secrétaire de Hérisson
 Laurent DUTHIL  baryton
Patacha
citoyen des Trente-Six Royaumes
 James GODET ténor
Zalzal un autre citoyen
des
Trente Six Royaumes

 Bernard ZAKIA basse
Oasis, Youka,
Asphodèle,
Zinnia,
Adza,
Koukouli
bayadères à la cour du roi Ouf
 Loredana BERNARDINI soprane
 Sophie CASASNOVAS
mezzo
 Roopa CHAUHAN
soprane
 Fabienne LALISSE
mezzo
 Marta PRAT-ALDRICH
soprane 
 Catherine SIMON-VERMOT
mezzo


Le peuple des Trente-Six Royaumes

SOPRANES  MEZZOS
Loredana BERNARDINI
Viviane CAMPANA

Roopa CHAUHAN
Muriel COMTE
Christine GIBERT
Nora KETIR

Marta PRAT-ALDRICH
Myriam THUILLIER

Danielle TOURRIER
Lucrèce VICENTE
  

  Sophie CASASNOVAS
  Fabienne LALISSE             
 
Michèle MEDRINAL            
 
Catherine SIMON-VERMOT 
  

 
TENORS
 
  BASSES
James GODET
Didier LOZE

Emmanuel RUTH
Claude TEYSSEDRE
  Daniel FAURE                                         Patrick LOMADZE
  Jean-Michel VOIRON                               Bernard ZAKIA     
                                                      

Les musiciens de l'orchestre Bernard Thomas

 Violons 1 Stéphane RULLIERE, Jean-Luc BORSARELLO
 Huguette MALAQUIN, Safia GOLOBOFF
 Pauline MAILLARD
 Violons 2 Philippe MAZEAU, Liliana MANU, Boris CACCIAGUERRA
 Altos      Caroline GALLOIS, Arnaud LIMONAIRE
 Violoncelles
 Thalie BONVALLET, Raymond MAILLARD
 Contrebasse Frédérick FRAYSSE
 Flûtes  Frédéric HOCHAIN, Patrick DESREUMAUX
 Hautbois   
 Baptiste GIBIER
 Clarinettes 
 Pascal MONTBESSOUS, Marie FALLION
 Basson    
 Brice MARTIN
 Cors 
 Jean-Michel TAVERNIER, Mathilde FEVRE
 Trompettes
 Adrien RAMON, Vincent PORTILLA
 Trombone Maxime DELATTRE
 Percussions Yves BALAGUER, Marcel HAMON
   

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L'histoire :
Dans le ciel mystérieux des Trente-Six Royaumes, une étoile brille. C'est la petite étoile du destin...Chaque année, à l'occasion de son anniversaire, Ouf 1er, roi capricieux et malheureux, aime à offrir à son peuple la réjouissance d'une exécution publique par empalement. Mais cette année, grosse inquiétude du souverain : il n'a trouvé personne à condamner...
Lazuli, un modeste colporteur de passage dans le royaume, croise la princesse Laoula qui est conduite incognito
à la cour du roi Ouf par le diplomate Hérisson et sa femme Aloès. Dès le premier regard, Lazuli et Laoula s'éprennent l'un de l'autre.  Mais  le colporteur gifle le roi par inadvertance et se retrouve condamné à mort. Au moment de subir le supplice du Pal, l'astrologue Siroco révèle que les étoiles du colporteur et du souverain sont liées : si Lazuli meurt, Ouf le suivra dans la tombe.
Renversement de situation : le roi décide alors d'élever le colporteur au rang de prince héritier !


Chabrier offre une nouvelle dimension au spectacle divertissant qu'est l'opéra-bouffe. L’Étoile est un joyau facétieux et singulier dont vous connaissez peut-être deux airs : "La Romance à l’Étoile" et le célèbre "Duo de la Chartreuse Verte".
La drôlerie et le délire poétique du livret auquel a participé Verlaine (auteur des paroles des "Couplets du Pal" et de "La Romance à l’Étoile") rencontrent la parure musicale raffinée et audacieuse du compositeur : la musique de Chabrier annonce déjà le raffinement des Impressionnistes, de Ravel à Debussy.
Ce magnifique opéra-bouffe est porté par la vision poétique de la mise en scène de Renaud Boutin.
Nous espérons que vous serez nombreux à venir nous retrouver pour ces trois beaux rendez-vous et goûter l'esprit de La Chartreuse Verte inspiratrice de cette Étoile !


Note d'intention du metteur en scène :
Parler de poésie, de légèreté et de fantaisie semble presque convenu à propos de Chabrier, tant L’Étoile se réapproprie, tout en les renouvelant, les codes et les conventions de l'opérette française. Ainsi, alors que le livret nous plonge d'emblée dans un délicieux exotisme de fantaisie, relativement conventionnel avant même Offenbach, il est remarquable qu'à aucun moment Chabrier ne cède à la facilité d'illustrer musicalement cet orientalisme, préférant une douceur rêveuse et ouatée qui évoque bien davantage les univers verlainien, fauréen voir debussyste. Chabrier appartient alors à la jeune garde des modernistes, admirateurs de Wagner et des Impressionnistes et c'est bien cette modernité de la partition qui dérouta tant d'auditeurs à la création.

Scéniquement, cet univers plein d'humour subtil et de légèreté scintillante ne doit pas cacher la tragédie des rêves inassouvis, qui point parfois au loin - toujours discrète : de même que, derrière les bergamasques des Fêtes Galantes, on entend déjà la plainte inquiète des "molles ombres bleues", ainsi derrière les aspects comiques de l’œuvre, derrière l'atmosphère rêveuse d'une Belle-Époque naissante, point l'inquiétude grinçante du Grand Guignol. Les Trente-Six-Royaumes, avec son tyran de pacotille, avec son peuple surveillé, ne sont-ils pas une image de cette nouvelle société industrielle et bourgeoise qui triomphe sur les cendres encore fumantes des utopies de la Commune ? C'est ainsi qu'on peut comprendre l'humour noir de l'épisode du Pal - "fécond en délices", dans le texte verlainien d'origine - mais aussi plus globalement cette hésitation longtemps prolongée entre le rire et le tragique, qui fait jouer les nerfs du public frémissant.
C'est là toute la modernité d'une œuvre qui, sous ses couleurs vaguement impressionnistes, annonce déjà les Fauves, Jarry et même bientôt DADA. Il nous a donc semblé plus riche d'explorer l'esthétique symboliste et "fin-de-siècle" des pantomimes des années 1870-1880, cette époque où Pierrots, Colombines et Arlequins se noient dans les reflets saturniens de l'absinthe (la Chartreuse verte), sous les lampes du Chat Noir à Montmartre...

Évidemment - suprême délicatesse française et convention du genre oblige  - jamais le tragique ne s'exprimera crûment ni directement : c'est donc encore une fois dans la recherche d'un certain surréalisme poétique, en faisant appel à la distanciation du clown et à de fortes lignes visuelles tirées de la peinture que nous chercheront à mettre en scène la poésie de ce chef-d’œuvre qu'est L’Étoile !

Renaud BOUTIN


Le compositeur:
Emmanuel Chabrier (1841-1894) reste, pour le grand public, surtout connu pour
España (1883) qui fut dans sa carrière le premier succès important, reconnaissant le talent d'un compositeur original, absolument fasciné par la force suggestive de l'orchestre de Wagner. Pourtant, il y eut auparavant, L'Etoile, pur joyau lyrique, dans le genre de l'opéra-comique, créé par un compositeur de 36 ans, le 28 novembre 1877 aux Bouffes Parisiens  dont Jacques Offenbach est alors directeur.
 
D'Indy voyait dans l'Etoile une partition aussi réussie et raffinée que Le Barbier de Séville de Rossini. Et Reynaldo Hahn en 1937, la considérait comme
bien supérieure par son éclat poétique et sa séduction mélodique aux ouvrages d'Offenbach, c'est peu dire. "cette perle fine de l'opérette française où la bouffonnerie et la verve poétique d'un autre Offenbach s'enveloppent et se parent d'une grâce, d'une élégance, d'une richesse musicale dont le génie de ce dernier n'a jamais eu le souci ni même le soupçon »

En vérité qu'avons-nous ? Une œuvre exemplaire qui allie la poésie et la légèreté mais aussi le délire et la subversion. Chabrier, ce "petit gars d'Auvergne, trapu et râblé" a en vérité bien des choses à dire, dans l'exquise dérision et l'audace les plus improbables. Le compositeur y renverse conventions et usages, ailleurs strictement décoratifs, rejoignant dans ce seul ouvrage, les meilleures actions d'Offenbach dont la finesse et le mordant dérangent le bon bourgeois. Ici, la fantaisie fantastique des personnages, véritable bestiaire de types psychologiques, comme le bestiaire de l'époque médiévale (pas moins de 15 individualités aux noms déjantés), le dispute au surréalisme des situations...


Renaud BOUTIN
Metteur en scène 

Après des études de Lettres Classiques qui l'ont mené jusqu'à l'agrégation, Renaud Boutin débute sa formation théâtrale au Conservatoire du 19ème arr. (classe de Michel Armin), puis à l'Ecole Supérieure d'Art dramatique de Paris (ESAD/CNR) où il travaille sous la direction de Jean-Claude Cotillard, Sophie Loucachevsky (sur des textes d'Eugène Durif), Marc Enotte (sur Lagarce), Nicolas Bouchaud (sur Marivaux), Christophe Paty (jeu masqué), Michel Didym, etc. Il a par ailleurs suivi une formation de chant lyrique au Conservatoire du Centre de Paris (classe de Sonia Nigoghossian et Sophie Teulon), puis au CRD d'Issy-les-Moulineaux (classe de Daniel Petrovitch) où il obtient un 1er Prix à l'unanimité.

Il a participé à plusieurs productions lyriques (Les Contes d'Hoffmann, La Vie parisienne, Le Financier et le Savetier d'Offenbach, La Flûte Enchantée de Mozart, Les Aventures du Roi Pausole d'Honneger, La Chauve-Souris de Strauss, Le Docteur Miracle de Bizet), concerts d'extraits d'opéra (récemment Pelléas et Mélisande de Debussy ; régulièrement avec le groupe Deadly Love) et récitals de mélodies/lieder qu'il affectionne particulièrement. Son éclectisme l'amène du baroque (concerts avec l'ensemble Les Monts du Reuil) au contemporain (création du Monstre, composé par Emmanuel d'Orlando, au Théâtre du Rond-Point).
Au Théâtre des Loges, il a joué sous la direction de Michel Mourterot le rôle d'Octave des Caprices de Marianne. A Clamart, il joue le rôle de Banquo, dans Macbeth de Shakespeare. Depuis 2006, il fait partie du Collectif le Foyer au sein duquel il a joué et mis en scène plusieurs spectacles (Histoire du Soldat de Stravinsky, Electre d'Euripide, Nica's Dream sur le jazz, etc.).
Parallèlement, il met en scène La Fiancée du Scaphandrier, opérette de Claude Terrasse avec le Groupe Lyrique ; Rita, opéra comique de Donizetti; Amours/Fragments, autour de Mozart et des Fragments d'un discours amoureux de Roland Barthes ; et avec des musiciens baroques, une exploration des Fables de La Fontaine : Les Fabuleuses Musiques.

Retours de spectateurs sur L’Étoile :

"La mise en scène de Renaud Boutin est remarquable : s’inspirant de l’art nouveau, il parvient à livrer aux spectateurs une vision nuancée et subtile de l’œuvre.
Derrière le fou rire des personnages outrés, affublés des oripeaux chatoyants des personnages de bouffe se cache un univers nocturne et onirique, incarné par le personnage de Lazuli. L’opéra, certes, est comique,mais le tragique est dévié sans cesse de justesse, emporté par la logique démesurément gaie de l’œuvre. Il est à noter que de véritables trouvailles scéniques donnent vie à L’Étoile : c’est par exemple les personnages du chœur, portant tous le masque d’une horloge quand le roi compte les heures qui lui restent à vivre. Est-ce la vision cauchemardesque d’un roi ubuesque ne percevant plus ses sujets que comme des êtres réifiés, portant sur leur visage leur condition fatale ?
La tragédie, toutefois, est tenue à distance par la scénographie festive et la tonalité
légère du livret.
Le Groupe Lyrique, magistralement dirigé par Laurent Zaïk, est constitué de chanteurs
amateurs faisant triompher le simple plaisir de chanter, et relève le défi de l’interprétation d’une œuvre trop peu souvent entendue, malgré une richesse dramatique et philosophique certaine."

Par Anna Camus (Toutelaculture.com )


"Bravo pour ce spectacle très réussi. Un  bain de fraîcheur et de rêve. On en a tant besoin pour oublier, le temps d'une soirée, le tumulte du monde contemporain. Je peux d'autant mieux en juger que j'avais vu il y a quelques années la production de la salle Favart, j'étais donc en pays de connaissance. Votre Étoile est une magnifique réussite. " J.-P. R.


"Bravo pour cette Étoile magnifique, œuvre exigeante, tant pour les chanteurs que pour les instrumentistes. Superbe performance ! Un grand coup de chapeau pour les chœurs, d’une précision et d’une diction remarquable (c'est si rare...!)". P. P.


"L’Étoile et la musique de Chabrier fut une véritable découverte. Quel extraordinaire compositeur ! Nous allons vite nous hâter d'explorer son œuvre. Bravo pour votre très beau spectacle. L’orchestre Bernard Thomas était impressionnant (remarquable direction de votre chef), la mise en scène, les décors, costumes et lumières d’une poésie très touchante, des scènes comiques et inquiétantes entre-mêlées… Nous avons passé une très belle soirée. Bravo encore pour le choix de cet opéra-bouffe qui mérite d'être connu. " A. B.























crédits photos :
Jean-Didier TIBERGHIEN


2014 La troupe de l'Etoile